Maquette au 1/50ème d'un aménagement paysager (2019)


"L'espace de notre vie n'est ni continu, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise,où il se courbe, où il se déconnecte et où il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça se cogne." George Perec - Espèces d'espaces -

La citation de Georges Pérec, extrait du texte du marque page qui accompagne le lecteur « d’Espèces d’Espaces », tout au long de sa lecture, s’il suit la consigne de l’auteur, laisse perplexe. La finitude de notre espace-temps ainsi que celle des lieux que nous habitons, investissons, visitons, semble établie pour autant que l’on se réfère à la planète Terre et non pas à l’espace interstellaire dont nous n’appréhendons pas les limites. Les incohérences, les frictions, l’anisotropie des lieux que nous fréquentons, tout autant que l’époque de l’année, de notre vie durant laquelle nous les fréquentons, peuvent générer de l’incertitude, une certaine insécurité, issue de notre questionnement, exhausteur d’une possible fragilité et initiatrice d’un besoin de se mettre à l’abri…

Se mettre à l’abri, mais s’abriter de quoi et sous quel type d’abri. J’ai décidé de travailler sur l’ombrière qui abrite du soleil. Pourquoi une ombrière ? Parce que j’aime ces structures. J’en connais de toutes sortes : voiles suspendues, parapluies suspendus, constructions métalliques comme sur la promenade des anglais à Nice, Structures gigantesques en bois…etc, chaque fois différentes, toutes plus créatives les unes que les autres, parfois passages, mais souvent associées à des aires de flânerie, voire de repos.

L’ombrière protège, tout comme les nuages, des radiations du soleil. Aussi, parce que ce type de végétation m’interpelle, ai-je opté pour une ombrière en forme d’arbre nuage. Elle est constituée d’un grand mat métallique ancré dans le sol au moyen d’une jardinière en béton couleur sable, lestée à la base de pierres décoratives. Des branches métalliques issues du mat principal, supportent de larges plateaux dans un matériau léger prodiguant de l’ombre. Bien que non représenté sur la maquette de présentation du projet, on peut imaginer que ces plateaux sont équipés de petits panneaux solaires sur la surface haute et d’ampoules LED en dessous, pouvant s’allumer automatiquement par détection de faible luminosité.

J’ai choisi quelque chose d’assez grand, un peu comme une sculpture gigantesque.

Puis vint l’idée de placer cette ombrière au sein d’une placette elle-même au cœur d’un parc.

La placette est conçue comme un abri : un espace à part offrant une vaste aire de repos, loin de la rumeur urbaine. De formes arrondies, elle est ceinte de murets de béton couleur sable (de type gradine), permettant de s’assoir ou de s’allonger sur 2 niveaux à 50 cm ou 1 m du sol.

Une ombrière principale « arbre nuage » est placée au cœur d’un banc circulaire de béton couleur sable, offrant un espace d’assise bien ombragé.

Une deuxième ombrière beaucoup plus petite se trouve à une extrémité de la placette. Telle un vaste parasol, elle ombre 3 chaises longues en béton couleur sable, qui offrent une belle aire de repos aux promeneurs qui le souhaitent.

Le sol de la placette est en béton stabilisé jaune.

Une fontaine placée entre les deux aires d’ombres, termine l’animation et l’organisation de cet espace minéral en apportant un peu de fraîcheur.

A quelques mètres de la placette une barrière végétale ceint partiellement l’ensemble.

Cette haie libre est jalonnée de grands arbres entre lesquels des arbustes s’élèvent sur 1,5 à 2 mètres. Inspirée de la haie bocagère, cette haie pluri-espèces est composée d’essences locales, elle foisonne en toute saison, respecte la biodiversité, favorise le stockage du carbone et dialogue avec la placette minérale.

Ainsi que vous le verrez sur les croquis et esquisses préparatoires, j’ai d’abord pensé l’espace, très clos, pour finir par le concevoir plus ouvert, notamment après une modélisation rapide avec AutoCad, où il m’apparut trop fermé.

La modélisation sur AutoCad, prévoyait un escalier, dont l’objet était plus décoratif qu’utile et finalement à la réalisation de la maquette, il m’est apparut peu esthétique.

J’ai placé la placette au cœur d’un parc naturel tapissé d’une prairie fleurie.

Entre la haie libre et la placette, un espace de quelques mètres est rempli de pouzzolane dont l’objet est de structurer cet aménagement paysager.

Les murets de béton couleur sable qui entourent la placette sont espacés par deux entrées de plain pieds avec de larges dalles de pierres en pas japonais et une haie libre derrière la petite ombrière aux 3 chaises longues.

La maquette de présentation est réalisée au 1/50ème.

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